Tu regardes ton bilan sanguin, tu tombes sur la ligne protéine C réactive (CRP) et ton regard se fige sur un chiffre entouré en rouge. D’un coup, le cerveau s’emballe : infection grave, maladie chronique, voire pire. Pourtant, ce petit marqueur ne raconte pas une histoire de panique, mais une histoire d’inflammation, de défense et d’équilibre. Comprendre la CRP, c’est un peu comme apprendre à lire le tableau de bord de ton corps : savoir quand c’est un simple voyant passager… et quand il faut vraiment lever le pied et consulter.
La CRP joue le rôle d’alarme. Elle grimpe quand ton organisme fait face à une agression : infection, blessure, chirurgie, maladie inflammatoire, stress chronique. Elle redescend souvent aussi vite quand la cause est réglée. Mais entre deux entraînements intenses, une vie parfois stressante, quelques repas un peu lourds et une hygiène de sommeil pas toujours parfaite, ce marqueur peut aussi être légèrement élevé sans que ce soit dramatique. L’idée n’est donc pas de se faire peur, mais de replacer ce chiffre dans un contexte : tes symptômes, ton style de vie, ton niveau d’activité, tes antécédents.
Au fil du texte, l’objectif est simple : t’aider à décoder ce que signifie vraiment une CRP élevée, à partir de quand ça devient préoccupant, quels signaux du corps méritent une vraie attention (fatigue lourde, douleurs abdominales, fièvre persistante…), et comment ce marqueur s’intègre dans une vision plus globale de ta santé. Plutôt que de subir tes résultats, tu vas apprendre à les regarder comme une information utile, à relier ce qui se passe dans ton sang avec ce que tu ressens dans tes muscles, ta digestion, ton énergie. L’idée n’est pas de remplacer ton médecin, mais de t’aider à arriver en consultation avec des questions plus claires… et un peu moins de peur.
En bref :
- La protéine C réactive (CRP) est un marqueur sanguin d’inflammation, fabriqué surtout par le foie.
- Un taux inférieur à 5–6 mg/L est généralement considéré comme normal chez l’adulte.
- Au-delà de 10 mg/L, on parle de syndrome inflammatoire qui mérite d’être exploré avec un professionnel de santé.
- Des valeurs entre 10 et 100 mg/L vont souvent avec une infection ou une inflammation modérée à importante.
- Une CRP supérieure à 100 mg/L est un signal d’alerte forte et nécessite une consultation rapide.
- La CRP ne dit pas « ce que tu as », elle signale seulement qu’il se passe quelque chose dans ton organisme.
- Fatigue, maux de ventre, fièvre, douleurs musculaires sont fréquemment associés, mais jamais spécifiques.
- L’effort intense, le tabac, l’obésité, la grossesse ou un simple rhume peuvent faire monter légèrement la CRP.
- La CRP haute sensibilité (CRP-hs) est surtout utilisée pour évaluer le risque cardiovasculaire.
- Le réflexe clé : ne pas t’auto-diagnostiquer, mais utiliser ce résultat comme base de dialogue avec ton médecin.
Protéine C réactive (CRP) : comprendre ce marqueur d’inflammation pour mieux écouter ton corps
La protéine C réactive, ou CRP, fonctionne un peu comme un thermomètre interne. Quand une inflammation démarre, ton foie se met à en fabriquer davantage et à la libérer dans le sang. Ce n’est pas une molécule “ennemie”, au contraire : elle fait partie de la réponse de ton système immunitaire, comme une équipe de secours qui se met en route dès qu’il y a suspicion de dégâts dans les tissus.
Ce marqueur appartient aux protéines de phase aiguë. Concrètement, son taux commence à grimper environ 6 heures après le début du processus inflammatoire, atteint souvent un pic autour de 24 à 48 heures, puis redescend quand la cause est traitée ou que le corps a repris le dessus. Cette dynamique rapide en fait un indicateur précieux pour suivre l’évolution d’une infection ou la réponse à un traitement.
Dans le quotidien d’une personne active, la CRP peut être augmentée pour des raisons très différentes. On retrouve par exemple :
- Une infection bactérienne (angine, pneumonie, infection urinaire, abcès dentaire…).
- Une infection virale (grippe, COVID-19, gastro-entérite), souvent avec une hausse plus modérée que pour les bactéries.
- Une maladie inflammatoire chronique (polyarthrite rhumatoïde, maladie de Crohn, rectocolite hémorragique).
- Un traumatisme physique, une intervention chirurgicale, une brûlure.
- Des facteurs de terrain comme obésité, tabagisme, stress chronique.
Pour mettre un peu de chiffres sur ces sensations, voici les repères le plus souvent utilisés en pratique clinique :
| Niveau de CRP | Interprétation possible | Attitude recommandée |
|---|---|---|
| < 5–6 mg/L | Taux considéré comme normal chez la plupart des adultes | Rien de particulier, surveiller ton ressenti corporel habituel |
| 6 à 10 mg/L | Légère inflammation ou contexte particulier (tabac, grossesse, surpoids, petit rhume) | Surveillance, bilan de tes habitudes, échange avec ton médecin si symptômes |
| 10 à 50 mg/L | Inflammation modérée, souvent en lien avec une infection ou un épisode inflammatoire | Consultation recommandée, surtout si fièvre, douleurs ou fatigue importante |
| 50 à 100 mg/L | Inflammation importante, infection bactérienne fréquente | Consultation rapide, examens complémentaires nécessaires |
| > 100 mg/L | Inflammation sévère, infection grave ou pathologie aiguë majeure | Prise en charge urgente, parfois hospitalisation |
Un point essentiel : la CRP n’est pas influencée de façon majeure par l’alimentation immédiate. Tu n’as donc pas besoin d’être à jeun pour cette prise de sang. En revanche, un entraînement particulièrement violent juste avant le prélèvement, un épisode de stress intense ou un début de rhume peuvent suffire à faire monter légèrement le niveau.
On peut imaginer le cas de Lucas, 34 ans, salarié très sollicité, qui prépare un semi-marathon. Il enchaîne plusieurs séances intenses, dort peu, mange un peu sur le pouce. Sur son bilan sanguin : CRP à 7 mg/L. Aucun symptôme inquiétant, juste une fatigue légère. Dans ce contexte, ce petit dépassement ne signe pas forcément une maladie, mais plutôt une charge inflammatoire globale liée à l’entraînement, au stress et au manque de récupération. Avec quelques jours plus calmes, un sommeil un peu plus soigné et une alimentation plus végétale et colorée, ce type de valeur peut souvent redescendre.
Cet exemple montre pourquoi il est si important de mettre le chiffre en perspective avec ta vie réelle, ton niveau de charge, et pas seulement avec une norme théorique. La CRP devient vraiment intéressante quand tu la regardes comme la traduction biologique de ce que ton corps vit au quotidien.

CRP, VS, CRP-hs : comment s’y retrouver sans se perdre dans le jargon ?
Autour de la CRP gravitent d’autres marqueurs qui peuvent apparaître sur ton bilan, comme la VS (vitesse de sédimentation) ou la CRP à haute sensibilité (CRP-hs). Chacun éclaire une facette différente de l’inflammation.
La VS augmente plus lentement que la CRP, parfois 24 à 48 heures après le début du processus inflammatoire, et peut rester haute plusieurs semaines après la guérison. C’est un marqueur plus “lent”, utile pour suivre certaines maladies chroniques, mais moins précis pour savoir ce qui se passe là, tout de suite, dans ton corps.
La CRP-hs, elle, est un dosage plus fin de la CRP à très bas niveau. Elle est surtout utilisée pour évaluer le risque cardiovasculaire (maladie coronarienne, infarctus) chez des personnes apparemment en bonne santé. Des valeurs légèrement élevées, entre 3 et 10 mg/L, peuvent indiquer un état d’inflammation de bas bruit, lié par exemple à une alimentation très transformée, une sédentarité importante, un surpoids abdominal ou un stress persistant.
- CRP “classique” : utile en cas de fièvre, douleur aiguë, suspicion d’infection.
- VS : plus adaptée au suivi des inflammations chroniques et des maladies auto-immunes.
- CRP-hs : utilisée pour affiner le risque cardiovasculaire global, avec d’autres marqueurs comme le cholestérol.
Vu sous cet angle, ton bilan sanguin devient moins mystérieux. Chacun de ces marqueurs propose un angle de vue différent sur ton état inflammatoire. Ensemble, ils permettent à ton médecin de tisser une image plus claire de ce qui se joue sous la surface.
Protéine C réactive élevée : quand faut-il vraiment s’inquiéter et consulter ?
La vraie question, au fond, n’est pas “ma CRP est-elle normale ?”, mais plutôt “ma CRP est-elle cohérente avec ce que je ressens, et à partir de quel niveau il faut s’alarmer ?”. Un chiffre isolé n’a pas de sens sans le contexte, mais certains seuils invitent clairement à ne pas traîner.
On peut découper les situations de la façon suivante, en gardant en tête que chaque corps réagit à sa manière :
- CRP légèrement élevée (6–10 mg/L) : souvent bénigne, à relier à ton mode de vie.
- CRP modérément élevée (10–50 mg/L) : inflammation significative, consultation conseillée.
- CRP très élevée (> 50 mg/L) : signe d’alarme important, surtout si tu as des symptômes forts.
Pour t’aider à y voir plus clair, imagine ce tableau comme une aide mémoire :
| Situation | Exemple concret | Niveau d’urgence |
|---|---|---|
| CRP à 8 mg/L, sans symptômes particuliers | Retour d’un gros bloc d’entraînement, léger rhume, stress pro intense | Surveiller, adapter récupération, en parler au médecin si cela persiste |
| CRP à 25 mg/L, fièvre modérée, toux | Suspicion de bronchite, sinusite ou autre infection respiratoire | Consulter dans les jours qui viennent pour confirmer le diagnostic |
| CRP à 70 mg/L, douleurs abdominales, nausées | Possibles diverticulite, appendicite, infection digestive aiguë | Consultation rapide voire urgences selon intensité de la douleur |
| CRP à 150 mg/L, frissons, grande fatigue | Infection sévère, possible septicémie ou complication grave | Urgence médicale, prise en charge immédiate |
Il existe même des cas extrêmes où la CRP peut grimper jusqu’à 500 voire 1000 mg/L, notamment lors d’infections très sévères ou de certaines maladies inflammatoires aiguës. Dans ce genre de situation, on n’est plus dans le “surveillons tranquillement”, mais clairement dans la prise en charge hospitalière.
Ce qui compte vraiment, c’est l’ensemble CRP + symptômes + contexte. Une CRP à 12 chez une personne avec une petite fièvre et un début de rhume ne raconte pas la même histoire qu’une CRP à 12 chez quelqu’un qui a perdu du poids sans raison, avec des douleurs articulaires persistantes et une fatigue profonde. Le même chiffre peut signifier des choses très différentes.
Pour transformer ce résultat en outil utile, tu peux te poser quelques questions simples avant de voir ton médecin :
- Depuis quand te sens-tu “différent” dans ton corps (fatigue, douleurs, digestion, respiration) ?
- As-tu vécu récemment un gros stress, traumatisme, infection ou une chirurgie ?
- Ton rythme de vie (sommeil, alimentation, activité) s’est-il dégradé ces dernières semaines ?
- Y a-t-il des maladies inflammatoires ou auto-immunes dans ta famille ?
Arriver avec ces éléments en tête en consultation aide le médecin à relier le chiffre à la réalité de ton quotidien. C’est là que la CRP arrête d’être un simple nombre inquiétant sur un papier, pour devenir un point de départ vers une compréhension plus fine de ton état.
Facteurs qui peuvent faire monter la CRP sans vraie maladie grave
Parfois, une CRP un peu trop haute n’est pas le signe d’une maladie grave, mais le reflet d’une tension chronique de ton organisme. Le corps n’a pas de bouton “pause” : il s’adapte en permanence, mais il finit par se manifester quand la charge devient trop lourde.
Parmi les éléments qui peuvent majorer ton taux sans pathologie sévère :
- Activité physique très intense juste avant la prise de sang.
- Tabagisme qui entretient une inflammation de fond des voies respiratoires.
- Surpoids et obésité, surtout quand la graisse se loge autour du ventre.
- Grossesse, avec ses adaptations hormonales et immunitaires.
- Stress chronique et sommeil fragmenté.
- Petites infections bénignes (rhume, petit épisode viral).
Pour illustrer, imagine Sarah, 29 ans, fumeuse occasionnelle, très stressée par un changement de job. Elle dort mal depuis des semaines, s’entraîne tard le soir en HIIT pour “évacuer”. Bilan : CRP à 9 mg/L. Rien d’alarmant en soi, mais le message est clair : son corps vit dans une forme de combustion lente. En ralentissant un peu le rythme, en allégeant le tabac, en privilégiant quelques séances plus douces et un sommeil régulier, il y a de bonnes chances que ce marqueur suive le mouvement.
Au fond, une CRP légèrement élevée peut devenir un signal d’ajustement plus qu’un motif de panique. Un rappel à revenir vers un équilibre plus doux entre performance, récupération et plaisir. Que pourrais-tu ajuster dans les prochains jours pour alléger, ne serait-ce qu’un peu, cette charge inflammatoire globale ?
CRP élevée, fatigue et douleurs abdominales : comment relier tes sensations à ce marqueur ?
Quand la fatigue s’installe, ce n’est pas seulement une question de sommeil. Il y a cette sensation de corps lourd, de muscles “vidés”, de tête dans le brouillard. Ajoute à ça des maux de ventre récurrents, et une CRP qui grimpe, et tu tiens un cocktail qui inquiète facilement. Pourtant, ces signaux restent souvent non spécifiques : ils disent que quelque chose brûle à l’intérieur, mais pas où, ni pourquoi.
L’inflammation consomme énormément d’énergie. Ton corps mobilise ses défenses, active des cytokines pro-inflammatoires, dirige une partie de ton carburant vers le système immunitaire. Résultat : ce qui restait pour tes muscles, ta concentration, ta motivation… diminue. C’est ce qui explique que, lors d’une infection ou d’une poussée inflammatoire, tu puisses te sentir épuisé même en restant au repos.
On peut regrouper les symptômes fréquemment associés à une CRP élevée :
- Fatigue inhabituelle, souvent persistante malgré le repos.
- Fièvre ou sensation de frissons.
- Douleurs musculaires ou articulaires, parfois diffuses.
- Nausées, perte d’appétit, amaigrissement involontaire.
- Maux de ventre, constipation ou diarrhée.
Du côté digestif, une CRP élevée associée à des douleurs abdominales peut orienter vers plusieurs pistes :
- Une infection digestive aiguë (gastro-entérite bactérienne, diverticulite).
- Une appendicite ou une autre inflammation localisée dans l’abdomen.
- Une pancréatite ou une cholécystite (inflammation de la vésicule biliaire).
- Une maladie inflammatoire chronique de l’intestin (Crohn, rectocolite hémorragique).
Imagine par exemple Mathilde, 36 ans, sportive modérée, qui se met soudain à ressentir des douleurs dans le bas-ventre droit, une diarrhée répétée, une fatigue marquée. Sa CRP est à 45 mg/L. Pris ensemble, ces éléments attirent l’attention sur une possible atteinte digestive inflammatoire. Pour un autre patient avec des symptômes différents, le même taux pourrait orienter le médecin vers une tout autre cause.
| Association symptômes + CRP | Pistes possibles | Réflexe recommandé |
|---|---|---|
| Fatigue + CRP modérément élevée | Infection récente, stress important, maladie inflammatoire débutante | Surveiller, consulter si persistance > 2 semaines |
| Douleurs abdominales + CRP > 30 mg/L | Processus inflammatoire digestif ou abdominal aigu | Consulter rapidement voire urgences si douleurs intenses |
| Fièvre prolongée + CRP élevée | Infection bactérienne, virale compliquée, autre maladie inflammatoire | Avis médical impératif, surtout si la fièvre dure > 3 jours |
| Perte de poids + CRP fluctuante | Maladie chronique (inflammatoire, auto-immune, parfois cancéreuse) | Bilan complet avec médecin, examens complémentaires ciblés |
Ce qui fait la différence, c’est toujours le temps et l’intensité. Une fatigue de quelques jours avec un rhume n’a pas la même portée qu’une fatigue écrasante depuis plusieurs mois, avec perte d’appétit et douleurs persistantes. La CRP, dans ce contexte, aide surtout à confirmer qu’il existe bien un terrain inflammatoire à explorer davantage.
Plutôt que de chercher à mettre toi-même une étiquette sur tes symptômes, tu peux utiliser ces signaux comme une invitation à te poser : depuis quand ton ventre te parle ainsi ? Quels aliments semblent l’apaiser ou l’aggraver ? Qu’est-ce qui se passe dans ta vie en parallèle (stress, changement d’emploi, de rythme d’entraînement, événements familiaux) ? Ce dialogue avec ton corps, nourri par le chiffre de la CRP mais aussi par ton ressenti, donnera une matière précieuse à ton médecin pour avancer dans le bon sens.
Quelles sont les principales causes d’une protéine C réactive élevée ?
Derrière une CRP élevée, il peut se cacher une grande variété de causes. Certaines sont banales et transitoires, d’autres demandent un suivi au long cours. Ce qui importe, c’est de comprendre les grandes familles de situations pour ne ni banaliser un signal important, ni dramatiser une simple infection de passage.
On peut regrouper les causes les plus fréquentes en cinq grandes catégories :
- Infections (bactériennes, virales, fongiques, parasitaires).
- Maladies inflammatoires chroniques (articulaires, digestives, auto-immunes).
- Affections cardiovasculaires (infarctus, athérosclérose active).
- Cancers (certains lymphomes, sarcomes, carcinomes).
- Autres facteurs (stress, obésité, chirurgie, traumatisme, tabagisme, grossesse).
Pour y voir plus clair, voici une vue d’ensemble :
| Catégorie | Exemples | Typiquement, niveau de CRP |
|---|---|---|
| Infections bactériennes aiguës | Pneumonie, pyélonéphrite, septicémie, infection de plaie | Souvent > 50 mg/L, parfois > 100 mg/L |
| Infections virales | Grippe, COVID-19, gastro virale | Élévation modérée, parfois < 50 mg/L |
| Maladies inflammatoires chroniques | Polyarthrite rhumatoïde, Crohn, rectocolite, lupus | CRP variable, souvent modérément élevée et fluctuante |
| Affections cardiovasculaires | Infarctus du myocarde, poussée d’athérosclérose | Élévation aiguë ou CRP-hs augmentée en chronique |
| Cancers | Lymphomes, certains sarcomes ou carcinomes | CRP parfois élevée, mais très inconstante |
| Autres circonstances | Chirurgie, brûlure, obésité, tabac, stress chronique | Légère à modérée, souvent persistante si le facteur reste |
Un point mérite d’être souligné : une CRP élevée ne signifie pas automatiquement cancer, loin de là. C’est même une cause assez minoritaire par rapport aux infections et aux inflammations plus “classiques” du quotidien. De plus, certains cancers n’entraînent pas d’élévation notable de la CRP. C’est pour cela que les médecins utilisent d’autres marqueurs et d’autres examens quand ils suspectent une tumeur.
À l’inverse, des choses que l’on a tendance à sous-estimer dans notre mode de vie moderne – le stress permanent, l’inflammation du tissu adipeux en cas de surpoids, la fumée de cigarette, un microbiote intestinal fragilisé par une alimentation ultra-transformée – peuvent maintenir une inflammation de bas grade pendant des mois ou des années. Cette inflammation silencieuse ne se voit pas toujours sur une CRP classique, mais elle se traduit parfois par une CRP-hs un peu haute, une fatigue sourde, des douleurs diffuses, une récupération plus lente après l’effort.
Plutôt que d’y voir une fatalité, on peut aussi y voir une bonne nouvelle : sur ces causes-là, tu as souvent une part de levier. En travaillant ton hygiène de vie, en apprenant à réguler ton système nerveux, en apportant à ton assiette des protéines de qualité, des fibres, des oméga-3, tu peux peu à peu apaiser ce feu de fond. Pas du jour au lendemain, mais par petites touches qui se cumulent.
Alors, quand la CRP dépasse les normes, la vraie question pourrait devenir : “qu’est-ce que mon corps essaie de me dire sur mon hygiène de vie, mes limites, mes besoins non respectés ?”, avant même de parler de pathologie lourde. Ce regard change déjà la manière d’aborder la suite.
Comment se fait le dosage de la CRP et comment l’utiliser concrètement pour prendre soin de toi ?
Le dosage de la protéine C réactive est très simple : une prise de sang suffit, réalisée en laboratoire, en cabinet ou parfois à domicile. Il n’est pas nécessaire d’être à jeun, ce qui facilite son intégration dans une journée déjà bien remplie. En pratique, cet examen est prescrit pour :
- Rechercher un syndrome inflammatoire en cas de fièvre, douleurs, fatigue prolongée.
- Suivre l’évolution d’une maladie inflammatoire chronique.
- Évaluer la réponse à un traitement anti-inflammatoire ou antibiotique.
- Surveiller la récupération après une chirurgie ou un traumatisme important.
Dans certaines situations, le médecin demande une CRP-hs, notamment pour affiner un bilan de risque cardiovasculaire. Ce dosage très sensible permet d’identifier une inflammation de bas grade, parfois en lien avec un mode de vie sédentaire, une alimentation déséquilibrée ou un terrain métabolique fragile.
Plusieurs éléments peuvent influencer le résultat :
- Une infection récente, même bénigne (rhume, angine légère).
- Un effort physique intense dans les heures précédant la prise de sang.
- La prise de certains médicaments (anti-inflammatoires, statines).
- La grossesse ou l’état hormonal.
- Le tabagisme et l’obésité.
Pour rendre ce dosage plus parlant, voici comment tu peux l’intégrer dans une démarche plus globale :
| Étape | Ce que tu peux faire | Objectif |
|---|---|---|
| Avant la prise de sang | Éviter un entraînement très intense juste avant, noter tes symptômes, ton niveau de stress, ton sommeil des derniers jours | Donner un contexte clair au résultat |
| Lecture des résultats | Observer la valeur, la comparer aux références, la relier à ce que tu ressens | Ne pas isoler la CRP de ton vécu corporel |
| Échange avec le médecin | Décrire précisément tes sensations : fatigue, douleurs, digestions, rythme d’entraînement | Aider à cibler les examens complémentaires si besoin |
| Suivi dans le temps | Refaire un dosage si conseillé, noter ton évolution (énergie, sommeil, douleurs) | Voir si les ajustements de vie ou les traitements portent leurs fruits |
La CRP devient alors un fil conducteur plus qu’un verdict. Par exemple, après une infection urinaire traitée correctement, tu peux voir ton taux baisser progressivement. Après un changement d’hygiène de vie (perte de poids, arrêt du tabac, activité physique régulière), une CRP-hs un peu élevée peut revenir vers la normale. Chaque évolution te raconte quelque chose de l’impact réel de tes choix sur ton corps.
Face à ce marqueur, l’attitude la plus aidante reste une curiosité calme. Comment ton corps réagit-il quand tu allèges le stress, quand tu dors mieux, quand tu manges un peu plus de végétal et de bons gras, quand tu ajustes ta charge d’entraînement ? Quels signaux t’envoie-t-il quand tu tires trop sur la corde ? Cette manière d’observer, sans te juger, transforme un simple chiffre en véritable boussole pour ajuster ton quotidien.
À partir de quel taux de protéine C réactive faut-il vraiment s’inquiéter ?
Un taux de CRP supérieur à 10 mg/L traduit en général un syndrome inflammatoire qui mérite une exploration médicale, surtout s’il s’accompagne de symptômes comme fièvre, fatigue importante ou douleurs. Au-delà de 50 mg/L, le signal devient fort et oriente souvent vers une infection ou une inflammation marquée. Une valeur supérieure à 100 mg/L demande une prise en charge rapide, parfois en urgence. L’interprétation se fait toujours en fonction de ton état général, de la durée des symptômes et de tes antécédents.
Une CRP à 8 mg/L est-elle grave si je n’ai pas de symptômes ?
Une CRP autour de 8 mg/L se situe légèrement au-dessus de la norme habituelle (5–6 mg/L), mais ce n’est pas forcément inquiétant si tu te sens bien. Ce niveau peut refléter un petit épisode infectieux, un entraînement intense récent, du stress ou certains facteurs de terrain comme le tabac ou le surpoids. Si tu n’as aucun symptôme particulier, l’enjeu est surtout de surveiller l’évolution et d’en parler à ton médecin lors d’une prochaine consultation, surtout si cette valeur se répète ou augmente.
La protéine C réactive élevée signifie-t-elle forcément un cancer ?
Non, une CRP élevée ne signifie pas automatiquement un cancer. La plupart du temps, elle s’explique par des causes beaucoup plus fréquentes : infections, inflammations articulaires ou digestives, traumatismes, chirurgie récente, maladies auto-immunes. Certains cancers peuvent faire monter la CRP, mais ce n’est ni systématique ni spécifique. C’est pour cela que les médecins s’appuient sur d’autres examens ciblés lorsqu’ils suspectent une tumeur. Inutile donc de tirer des conclusions hâtives à partir de ce marqueur seul.
Le stress chronique peut-il faire augmenter la CRP ?
Oui, le stress chronique est associé à une hausse des marqueurs d’inflammation, dont la CRP. Quand le système nerveux reste en mode « alerte » trop longtemps, il influence les hormones du stress, le sommeil, l’équilibre immunitaire, et entretient une inflammation de bas grade. Cette élévation est généralement modérée, mais peut se maintenir si le stress persiste. Travailler sur la récupération, la respiration, le mouvement doux et l’hygiène de vie globale peut contribuer à faire redescendre progressivement cette inflammation silencieuse.
La CRP augmente-t-elle en cas de COVID-19 ou d’autres infections virales ?
Comme pour de nombreuses infections virales, le COVID-19 fait souvent monter la CRP, parfois de façon significative en cas de forme plus sévère. Ce marqueur aide alors les soignants à suivre l’évolution de l’inflammation et à adapter la prise en charge. Pour d’autres virus (grippe, gastro-entérite), la hausse est en général plus modérée que pour les infections bactériennes, mais elle reste très variable d’une personne à l’autre. Là encore, seule l’analyse globale de la situation par un professionnel permet de tirer des conclusions utiles.

